topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

24/07/2010

Cathédrale d’Abidjan : Graves Violations des franchises religieuses

 

sitin.JPG
IvoireMonde.tv - Des policiers sur ordre de Raymond Tchimou ont violé les franchises religieuses ce vendredi matin lorsqu’ils ont franchi le seuil de la cathédrale St-Paul située tout juste en face du palais de justice du Plateau. Ils y sont entrés armes aux points, totalement déterminés à en découdre avec les journalistes qui, traqués, poursuivis, bousculés, bastonnés depuis la devanture du palais de justice s’y sont refugiés pour appeler la protection du Tout-Puissant. Ils avaient cru que la proximité de la Cathédrale St-Paul, mieux son inviolabilité auraient calmé l’ardeur des policiers.

Que non ! Non contents de les avoir violentés et humiliés devant les hommes, ils ont voulu le faire aussi devant Dieu. Les pauvres journalistes ont été suivis jusque dans le temple au-delà de la cour de la cathédrale. Peu de temps avant leur entrée dans la cathédrale, dans leur barbarie sans nom, ils avaient arraché à un photographe du quotidien Nord-Sud, son appareil photo. Plusieurs de nos confrères qui avaient pris place dans la première rangée du Sit-in ont reçu plusieurs coups de matraques sur la tête, dans le flan, aux épaules, sur les bras. C’est une grave violation des droits de l’homme et une flagrante violation de la liberté de presse...Lire la suite
sitin3.JPG

22/07/2010

Lettre ouverte au Président Laurent Gbagbo, au sujet de trois journalistes emprisonnés

oula-kouamouo.jpg

T.Kouamouo et Saint Claver Oula 19 juillet 2010 AFP

Cette lettre de Gri Gri International expose tellement bien les faits, que je me demande si les autorités ivoiriennes en sont conscientes.



Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire,

Souvent le Gri-Gri International, depuis 2002, vous a sinon soutenu, du moins défendu, et essayé de démêler l'information de la propagande du Quai d'Orsay, relativement à la situation dans votre pays. Ce n'est donc pas en adversaire, en "bien content de vous prendre la main dans le gant du dictateur" que nous saisissons la plume, quelques jours après l'arrestation et l'emprisonnement de trois de nos confrères : Stéphane Guédé, Théophile Kouamouo et Saint Claver Oula. Et quelques heures avant que ne tombe la décision d'une peine qui, serait-elle symbolique, demeurerait une indélébile tâche. Inutile de revenir sur les circonstances et les conditions de leurs arrestations, puisqu'il s'agit, l'historien que vous êtes le sait mieux que quiconque, d'une question de principe.

Les journalistes doivent pouvoir enquêter librement, a fortiori lorsqu'il s'agit du personnel politique, des milieux d'affaires et des classes dirigeantes. Et donc ici de la fillière Cacao. Les journalistes doivent pouvoir conserver le secret de leurs sources, quand bien même certains d'entre eux, et ce n'est pas le cas de ces trois-ci, ne seraient pas professionnellement à la hauteur de ces principes moraux. Toujours justement au nom des principes.

La Côte d'Ivoire se distinguait jusqu'à aujourd'hui de certains pays africains francophones, comme le Gabon, le Togo, le Tchad, où liberté de la presse rime avec censure, enquête avec prison et révélations parfois avec disparitions. On disait souvent avec envie qu'en Côte d'Ivoire, au moins, il existait, luxe réservé aux seules vraies démocraties, une presse d'opposition. La Côte d'Ivoire se distinguait même de la France du président Sarkozy, où les perquisitions chez les journalistes et les pressions pour obtenir d'eux qu'ils dévoilent leurs sources ne sont plus une incongruité.

Circonstance aggravante : un des trois journalistes emprisonnés, Théophile Koumouo, eut, en d'autres circonstances, et pour restaurer, justement, la vérité des faits au sujet des "évènements de Côte d'Ivoire", entre 2002 et 2005, à endurer, en France, le discrédit, le boycott puis enfin le bannissement professionnel... Il a raconté dans un livre fameux ses articles, contredisant le Quai d'Orsay et ses confrères français, caviardés, tronqués, réécrits dans son dos d'envoyé spécial par l'innommable et inqualifiable "spécialiste de l'Afrique" Stephen Smith. Qu'il nous soit permis de trouver pour le moins singulier, mal venu et scandaleux de le voir aujourd'hui à Abidjan encore plus mal traité qu'à Paris...

La Côte d'Ivoire a initié il y a quelques mois une vaste opération anti-corruption dans la fillière cacao. La presse ivoirienne et internationale, jusques et y compris celle qui ne vous était pas acquise, ont porté à votre crédit cette action. Avec l'arrestation inacceptable de ces trois journalistes, c'est le bienfondé, les modalités et le bénéfice de cette action qui sont menacés.

C'est pourquoi, Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire, et nous joignant ici à tous nos confrères, nous vous demandons de bien vouloir agir afin que ces trois journalistes ne demeurent pas plus longtemps dans l'injuste, dégradante et déshonorante situation de voleurs, de bandits ou de corrompus enfin apréhendés, qui ne saurait correspondre ni au rang de la Côte d'Ivoire, ni aux principe démocratiques, ni à la certaine image qu'ici et là on se fait de vous...



Grégory Protche

Rédacteur en chef du Gri-Gri International

15/07/2010

Théophile Kouamouo arreté injustement par le procureur Tchimou dit: "Nous n'avons cité le nom d'aucun témoin"

Avenue225 - C’est dans une ambiance détendue que Théophile Kouamouo a été rencontré. Son allure et sa bonne humeur n’ont pas pris de coup. «Nous allons très bien», rassure t-il. Le directeur des rédactions de « Le Nouveau Courrier » a bien voulu revenir sur cette incarcération qui cache des intentions inavouées de la part du procureur Tchimou.

"Nous n'avons cité le nom d'aucun témoin"

kouamouot.jpgPour les partons de la rédaction du journal pas question de céder à la pression. «Nous restons fort et digne de la confiance de nos lecteurs et surtout de notre métier. L’enjeu principal ici est que le procureur nous demande de révéler les sources de nos informations sinon il a nous conduirais droit en prison ». Kouamouo et ses collaborateurs en refusant de révéler leur(s) source(s) disent vouloir préserver l’esprit du journalisme. «La position que nous tenons est de dire que si un journaliste doit dévoilé ses sources devant un procureur, c’est que le métier lui-même a disparu. Nous tenons bon pour nos lecteurs, pour la corporation et pour nos idée de la démocratie».

L’acharnement du procureur contre eux est difficilement compréhensible. Selon le gérant du quotidien « les démocraties les journalistes sont protégés » dans les démocraties. « Je tiens à rappeler que nous avons publié il n’y a pas longtemps un dossier d’instruction sur les morts de novembre 2004. Un dossier de l’inspection française. Cela a permis aux Ivoiriens de savoir là où on en était. Ça permis aussi de voir et de comprendre que les autorités françaises qui accusaient les autorités ivoiriennes d’avoir bombardé leur camp n’avaient pas de preuves et du coup protégeaient ceux qui auraient pu le faire. Une telle information  rendue publique permet aux victimes ivoiriennes d’avoir plus de chance d’être indemnisées ».

Lire la suite sur Avenue225

14/07/2010

Côte d`Ivoire : Trois journalistes arrêtés pour vol de documents administratifs

Tchimou (Large).JPG

Reporters sans frontières s`inquiète de l’arrestation, mardi 13 juillet, de trois journalistes du Nouveau Courrier d’Abidjan et des méthodes expéditives du procureur de la République, Raymond Tchimou.

Sur ordre de Raymond Tchimou Fehou, procureur de la République du tribunal de première instance, trois journalistes du Nouveau Courrier d’Abidjan, Saint Claver Oula, rédacteur en chef, Stéphane Guédé, directeur de publication et Théophile Kouamouo, directeur de rédaction, ont été interpellés par la police criminelle. Le procureur leur reproche d`avoir publié les conclusions de son enquête sur les détournements dans la filière café-cacao. Le document, classé secret d’Etat, avait été remis quelques semaines plus tôt au président Laurent Gbagbo.

Mardi 13 juillet, le procureur a convoqué le directeur de rédaction Théophile Kouamouo à ses bureaux pour le contraindre à révéler ses sources. Ce denier a refusé. Le procureur a alors ordonné son interpellation par la police criminelle qui l’a placé en garde à vue après l’avoir entendu. Les locaux du journal ont ensuite été perquisitionnés. Les journalistes de la rédaction ont été mis en joue par le commissaire de la police criminelle, Maxime Gogoua, et ses hommes. Un ordinateur a été emporté. Plus tard dans la journée, le directeur de publication et le rédacteur en chef ont rejoint Théophile Kouamouo à la police criminelle afin d’être entendus et placés en garde à vue. Tous les trois ont passé la nuit dans les cellules de la police criminelle.

Ils seront présentés devant un juge pour "vols de documents administratifs".

Ce sont des méthodes que Reporters sans frontières n’avaient pas observées en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années. L’accusation de vol ne tient pas la route. Il est important de garder à l’esprit que la protection des sources est un principe fondamental de la pratique du journalisme, principe qui a tout son sens dans une affaire aussi sensible que celle de la filière café-cacao. Reporters sans frontières ne peut que déplorer une grave menace à la liberté de la presse et appelle à la libération immédiate des trois journalistes.

Reporters sans frontières
47, rue Vivienne
75002 PARIS - France
Responsable du bureau : Ambroise Pierre
Tel : 1 44 43 84 76
afrique@rsf.org